WAYNE HALL 

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET GEO-INGENIERIE : 
UNE CONVENTION INTERNATIONALE EST NECESSAIRE

Cela fait maintenant plus de dix ans que les premiers rapports ont commencé à apparaître sur internet sur ce qui semble être un programme d’envergure mondiale, pour des utilisations non-annoncées de l’épandage à partir d’un avion. Cette activité, si elle existe, a reçu le nom de « chemtrails » (chemical trails », traînée chimique). La phrase « si elles existe » est inséré parce que, pendant toutes les années où le phénomène a été observé et rapporté, la position officielle, de source gouvernementale et scientifique, a été de dire que ce dont les citoyens ont été témoin, n’est rien d’autre que des émissions conventionnelles venant d’avions et qu’aucune activité délibérée d’ « épandage » n’est en cours. (est-il encore légitime d’établir des distinctions entre « des émissions à partir d'un avion » et de l’ « épandage », c’est une autre question, qui n’est simple en aucun cas).
En Grèce, le sujet des Chemtrails a été soulevé environ cinq fois au parlement national. Il a aussi été soulevé au parlement européen. Dans chacun de ces cas, la réponse officielle a été de nature à décourager le poseur de la question d’aller plus loin sur le sujet. Des tentatives d’action en justice contre ce qui a été rapporté par certaines sections des medias comme étant de l’ « épandage », tentatives émanant aussi bien de corps élus tel que le conseil municipal d’ Egine en Grèce que de la part d’individus privés, ont été repoussés par les arguments des juristes : 1) selon lequel aucune preuve que le cas présent porte sur de l’épandage délibéré et que 2) aucun cadre juridique n’existent pour soutenir de telles plaintes.

On demande aux plaignants éventuels d’ « attendre » que la législation manquante soit votée. La réalité, toutefois, c’est qu’aucun groupe d’hommes politiques ou scientifiques ne semble accepter de prendre la responsabilité politique ou scientifique pour ce que les témoins visuels affirment être convaincus d’avoir vu se produire. Il se peut que ce soit ceux qui sont opposés, à la fois pratiquement et théoriquement, à ce que les premiers croient qu’il se passe, soient ceux qui seront contraints, par défaut, à prendre la responsabilité politique.

Un cadre juridique existe en ce qui concerne l’épandage à des fins militaires. C’est la Convention de Modification Environnementale d’octobre 1978, qui interdit l’utilisation de la modification environnementale en tant qu’arme. L’existence de ce traité a inspiré un groupe de scientifiques en Allemagne, ainsi que l’homme politique du parti vert Johannes Remmel et le météorologiste Karsten Brandt, pour lancer une plainte contre le gouvernement Allemand pour manipulation du climat, « par l’utilisation de traînées chimiques (chemtrails) consistant en une fine poussière contenant des polymères et métaux, utilisée pour brouiller les signaux radars. »

Tout ceci revient à ce que la poursuite en justice soit basée sur le type de loi disponible plutôt que sur ce qui est susceptible de se produire, étant donné que la plus grande part du débat théorique sur la modification du climat couvre des objectifs non-militaires tels que l’atténuation des effets du changement climatique.

Le versant non-militaire des « Chemtrails » vient sous le nom de « geo-ingénierie ». Ces dernières années, cela a été le sujet de beaucoup de journalisme promotionnel qui le recommandait comme étant l’alternative politiquement réaliste pour tenter de limiter les émisisons de gaz à effets de serre tel que les directives de Kyoto l’exigent.

Un des plus récents de ces articles étudie le bénéfice de l’injection dans la haute atmosphère de particules de verre pour amortir les effets du « réchauffement climatique ». Fondé sur des recherches menées au Laboratoire National Savannah River à Aiken (Caroline du Sud), dépendant du Ministère états-unien de l’Energie, un article récent du Cybercast News Service contient de nouveaux points comme des commentaires positifs émanant de « sceptiques professionnels vis-à-vis du changement climatique » sur les vertus de la géo-ingénierie. Jusqu’à récemment, l’attitude explicite de la plupart des « sceptiques vis-à-vis du changement climatique » à l’encontre des propositions de géo-ingénierie était extrêmement négative. Le « sceptique » Timothy Ball, par exemple, a déclaré l’an dernier que le physicien Paul Crutzen, titulaire du prix Nobel de Physique, devrait être privé de son Prix Nobel au titre de punition pour ses propositions de géo-ingénierie visant à épandre du souffre dans l’atmosphère.

http://www.enouranois.gr/english/political/Dialogue_with_a_Climate_Change_Contrarian.doc

A présent, le très en-vue « sceptique du changement climatique » et idéologue du libre marché Patrick Michaels déclare que le vrai débat sur le climat devrait se centrer sur la géo-ingénierie, un argument présenté dans le passé –avec peu d’effets – aux partisans, activistes et scientifiques, de la thèse du changement climatique, qui ont été très réticents à aborder le sujet et dans certains cas (par exemple le climatologiste grec Dimitris Lalas) ont explicitement refusé.

Bien entendu, Michaels a ses propres raisons pour étayer son point de vue. Il déclare : « les théoriciens du réchauffement climatique commencent enfin à saisir le message – qui est qu’on ne peut pas faire grand-chose face au réchauffement climatique avec des restrictions sur le carbone. Ils commencent à prendre conscience que l’on ne peut pas avoir un impact sur le changement du climat planétaire en imposant d’énormes taxes sur le carbone, ou en essayant de bannir toutes les énergies fossiles.

La principale argumentation des sceptiques du changement climatique dans l’article « Un écran solaire pour la Planète Terre », signé par Edward Teller en 1998 dans le Wall Street Journal. Elle se présente ainsi : nous mettons en question l’idée qu’il y ait réellement un changement climatique ou un problème de réchauffement planétaire, mais en tout cas, s’il y avait un problème, cela serait la solution...... » : Les solutions que les sceptiques du changement climatique acceptent à des problèmes dont ils sont aggressivement opposés à reconnaître l’existence sont 1) la géo-ingénierie, et surtout l’épandage planétaire de particules réfléchissant la lumière pour réduire les niveaux de lumière solaire entrante et 2) l’énergie nucléaire, en tant que source d’énergie d’avenir, prétendûment sans carbone.

Le partisan de la géo-ingénierie David Keith est connu pour dire la chose suivante : « ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas de quelques énergumènes comme moi qui réfléchissent là-dessus (c’est-à-dire à la géo-ingénierie). Nous avons besoin d’un débat plus large, un débat qui implique : des musiciens, des scientifiques, des philosophes, des écrivains, qui se penchent sur cette question de géo-ingénierie et pensent sérieusement à ce que sont ses implications ». C’est le même David Keith qui est également connu pour avoir dit, à la suite d’une réunion à la Maison Blanche en 2001 sur les 'Options de Réponse à un Changement Climatique Rapide ou Sévère ', que s’ils avaient retransmis cette réunion en direct vers le public européen, il y aurait eu des émeutes ».

La prise de position de Keith dans le débat public et spécifiquement sa déclaration de bonne volonté pour être personnellement impliqué dedans devrait être acceptée en raison de l’argument recevable avancé par le citoyen athénien et activiste John Lewis : « Une convention internationale sur la géo-ingénierie est nécessaire. C’est une science qui a tout à la fois besoin d’être développée et maîtrisée » .

Il faudrait comprendre que la condition pour un débat public avec des gens tels que David Keith va être de se conformer à la déclaration officielle, au sein du gouvernement et de la communauté scientifique, selon laquelle les propositions de géo-ingénierie du type de celles que Keith émet lui-même n’ont pas encore commencé à être mises en œuvre et ne seront mises en œuvre à l’avenir qu’en tant que dernier recours.

Les raisons allant dans le sens de cette adoption se résument probablement en ces termes : comme l’a souligné le juriste Bodansky dans les années 1990, les difficultés politiques pour légaliser la géo-ingénierie sont énormes. Toutefois, le fait d’avancer dans la mise en œuvre sans établissement préalable d’un cadre juridique laisse les agences engagées dans les activités de géo-ingénierie ouvertes à la menace d’action en justice, y compris d’action en justice motivée par des buts politiques, de la part des sceptiques du changement climatique et leurs soutiens du monde de l’entreprise.

La collaboration devra aussi se focaliser sur l’institution de distinctions entre les applications à des fins militaires des technologies d’épandage d’aérosol, comme celles prétendûment nécessaires pour faciliter les opérations des armes géophysiques telles que HAARP, et (d’autre part) l’utilisation d’aérosols en géo-ingénierie. Les premières sont couvertes par la Convention de 1978 sur la Modification Environnementale. Les secondes ne le sont pas. En plus de contribuer à assurer l’application de la législation existante sur la modification environnementale (comme tenté par le rapport du Parlement Européen A4-0005/99 « De l’Environnement, la Sécurité et la Politique Etrangère »), la collaboration devrait se focaliser sur une réplique politique plus efficace aux stratégies des sceptiques du changement climatique et spécifiquement face à ce qui semble être le début d’une stratégie de remplacement de l’actuel débat officiel sur le changement climatique (un débat entre d’un côté les « sceptiques » et de l’autre la science climatique générale) par un nouveau débat sur la géo-ingénierie dans lequel les sceptiques continueraient de jouer un rôle de représentants du « réalisme politique ».

Les sceptiques suivent une stratégie scandaleuse: faire barrage à des solutions humainement et environnementalement acceptables en niant l’existence de ces problèmes, pour ensuite se présenter trente ans plus tard comme « représentants de solutions soi-disants « réalistes » mais en fait complètement inacceptables aux problèmes dont ils ont nié l’existence. La stratégie des sceptiques doit être entièrement mise à nue et ces derniers doivent être consignés à la même position marginale et discréditée dans laquelle les activistes des « chemtrails » et les « théoriciens du complot » sont aujourd’hui confinés.


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